
I/ Pourquoi étudier la Bible ?
1. La volonté de Dieu
Pourquoi l’étude de la Bible est-elle nécessaire pour le chrétien ?
- Une relation d’amour : Aimer Dieu, c’est vouloir passer du temps avec Lui pour Le connaître, comme on le ferait avec un être cher. L’étude de Sa Parole est le moyen d’y parvenir.
- Obéissance et connaissance : On ne peut obéir aux commandements de Dieu que si on les connaît. La Bible nous instruit pour que nous puissions vivre selon Sa volonté (2 Timothée 2.15, Matthieu 4.4).
- Croissance spirituelle : La Parole est comparée à un « lait » (1 Pierre 2.2) qui fait grandir le croyant, et à une nourriture qui, une fois assimilée, fortifie l’esprit (Colossiens 3.16). Cette croissance permet d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée (Matthieu 22.37).
- Le rôle du Saint-Esprit : Dieu a donné le Saint-Esprit pour enseigner et guider le croyant dans toute la vérité (Jean 16.13). L’étude devient alors une collaboration avec Lui.
2. Nos besoins
Comment Dieu répond à nos besoins par l’étude de Sa Parole ?
Dieu, en tant que Créateur, est le seul qualifié pour « réparer » nos vies brisées (comme on retourne un produit au fabricant). La Parole est l’outil de cette restauration, comme le décrit 2 Timothée 3.16-17 :
- Enseigner : Elle nous apprend la vérité sur le salut et notre héritage en Christ.
- Convaincre : Comme une épée (Hébreux 4.12), elle pénètre notre cœur pour révéler nos véritables pensées et nous avertir lorsque nous nous éloignons de Dieu.
- Redresser : Elle corrige nos erreurs et nos mauvaises habitudes.
- Éduquer dans la justice : Elle nous guide dans la vie quotidienne, nous transforme à l’image de Christ (Colossiens 3.9-10) et nous prépare à toute bonne œuvre.
- Éclairer : Elle est une lumière sur notre chemin (Psaume 119.130), nous donnant la sagesse et l’espérance de la vie éternelle.
3. Notre attitude
Quelles sont les attitudes qui affectent les résultats de l’étude ?
Pour que l’étude soit fructueuse, le croyant doit adopter une attitude spécifique, décrite comme celle d’un enfant vis-à-vis de ses parents :
- La faim spirituelle : Il faut aborder la Bible avec un appétit semblable à celui d’un nouveau-né pour le lait, en désirant toujours plus de vérité.
- L’obéissance : L’attitude charnelle et la désobéissance (comme celle des Corinthiens, 1 Corinthiens 3.1-3) bloquent la croissance. L’obéissance, au contraire, ouvre la compréhension.
- La discipline : Il faut faire un réel effort pour chercher et creuser, selon la promesse de Matthieu 7.7 : « Cherchez et vous trouverez ».
- La docilité et l’humilité : Il faut être prêt à recevoir l’enseignement, comme le roi David (Psaume 119.102) et le prophète Ésaïe (Ésaïe 50.4). Il ne faut pas se croire assez savant ou assez juste pour se passer de l’enseignement divin, car toute sagesse vient du Seigneur (1 Corinthiens 1.30-31).
II/ Se préparer à l’étude de la Bible
1. Les instruments essentiels à l’étude
Comprendre l’utilisation des trois outils indispensables.
L’étude de la Bible est une tâche personnelle, mais elle nécessite des outils. Les trois instruments de base sont :
- La Bible : C’est l’outil principal. Elle contient toute la révélation de Dieu. Il est utile de posséder plusieurs versions pour comparer les passages difficiles. La Bible s’interprète elle-même : plus on la lit, plus on la comprend.
- Les yeux et l’intelligence (la vue physique et spirituelle) :
- La vue physique est un don précieux, mais elle doit être accompagnée du discernement spirituel. Il y a un lien étroit entre « voir » physiquement et « comprendre » spirituellement.
- Dans la Bible, ceux qui rejettent Dieu sont décrits comme ayant « fermé les yeux » (Ésaïe 44.18), tandis que ceux qui aiment Dieu « le verront » (Matthieu 5.8).
- Beaucoup de chrétiens possèdent des Bibles et des yeux, mais ne « voient » pas vraiment la vérité par manque d’attention. Le but de l’étude est d’acquérir cette perspicacité spirituelle, éclairée par le Saint-Esprit (1 Corinthiens 2.13-16).
- Un stylo (pour prendre des notes) :
- Prendre des notes permet de « voir » le texte sous un autre angle et de mieux s’en souvenir.
- Il est conseillé de noter les mots clés, les références croisées (renvois), les questions qui viennent à l’esprit et les pensées personnelles. Relire ses notes plus tard aide à répondre à ses propres questions.
Outils complémentaires (utiles mais non indispensables) : La concordance (pour trouver tous les passages sur un mot), le dictionnaire biblique (pour les mots difficiles et le contexte culturel), et les commentaires bibliques (pour approfondir avec l’aide d’experts).
2. Les règles fondamentales d’interprétation
Trois règles sont essentielles :
- Posez des questions : Pour chaque passage, il faut se demander : Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Pourquoi ? Comment ? (Qui est l’auteur ? À qui s’adresse-t-il ? De quoi parle-t-il ?). L’exemple de Romains 8.26-27 est analysé pour illustrer cette méthode.
- Tenez compte du contexte : C’est la règle la plus importante. Un verset isolé peut mener à de fausses doctrines. Il faut lire les versets qui l’entourent (le contexte immédiat) et le livre entier si nécessaire pour comprendre le sens véritable.
- Comparez avec d’autres passages : Lorsqu’un sujet est difficile ou semble contradictoire, il faut étudier tous les passages qui traitent du même thème. La Bible est son propre commentaire. Les références dans les marges sont précieuses pour cela.
3. La prière et la direction
Reconnaître la relation entre la prière et l’étude de la Parole.
- Le rôle indispensable du Saint-Esprit :
- L’étude ne peut pas être uniquement intellectuelle. Le Saint-Esprit est l’enseignant donné par Dieu. Ceux qui ne l’ont pas ne peuvent pas comprendre les vérités spirituelles (1 Corinthiens 2). Même les croyants doivent Lui demander de l’aide, car Il n’impose pas la vérité.
- Faire cette la prière au Saint-Esprit comme David : « Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi ! » (Psaume 119.18).
- La prière, attitude de dépendance :
- Prier avant et pendant l’étude est un signe d’humilité, de sincérité et de dépendance envers Dieu.
- La prière prépare notre cœur et notre esprit à recevoir la vérité, à être réceptifs. Elle nous rend attentifs à ce que Dieu veut nous dire personnellement.
- L’étude efficace de la Bible dépend donc de la prière ; c’est une collaboration avec le Saint-Esprit.
III/ Étude par livre individuel
1. Les avantages de l’étude d’un seul livre à la fois
Noter les avantages personnels de cette méthode.
Les avantages sont multiples :
- Familiarisation avec l’ensemble de la révélation : En étudiant chaque livre, on apprend à connaître toute la Bible et à voir comment les événements s’articulent entre eux.
- Compréhension dans leur contexte : On saisit les enseignements précis dans leur cadre original, ce qui est essentiel pour éviter les erreurs d’interprétation.
- Reconnaissance et résistance aux fausses doctrines : En connaissant bien l’enseignement complet d’un livre, on est mieux armé pour discerner les erreurs, un problème déjà présent à l’époque de l’Église primitive.
- La Parole devient vivante en nous : Le plus grand avantage est que la Bible devient une force intérieure. Face aux problèmes quotidiens, les enseignements étudiés remontent à la mémoire pour fortifier la foi et guider les décisions.
2. Comment aborder l’étude d’un seul livre
Citer les trois étapes principales de cette méthode.
Trois étapes claires et progressives :
- Lire et observer : Il faut lire le livre choisi en entier, plusieurs fois (jusqu’à dix ou douze fois), avant de chercher à interpréter ou de prendre des notes. Cette lecture répétée permet de saisir l’intention générale de l’auteur, son humeur (désespoir, joie, préoccupation…), et de repérer les mots-clés et les expressions répétées. C’est une étape d’observation patiente.
- Interpréter : Une fois l’intention générale perçue, on applique les règles d’interprétation vues à la leçon 4 :
- Poser des questions (Qui ? Quoi ? Où ? Pourquoi ?).
- Tenir compte du contexte.
- Comparer avec d’autres passages.
- Analyser le style littéraire et l’organisation des idées.
- Prendre des notes.
- L’objectif final est de pouvoir résumer la signification du livre avec ses propres mots.
- Appliquer : La dernière étape, et la plus importante, est de permettre à la vérité découverte de transformer son caractère et ses actes. C’est en appliquant la Parole que notre vie devient une lumière pour les autres.
3. Exemple : L’Épître aux Colossiens
Identifier les idées principales de ce livre.
Lire Colossiens plusieurs fois avant de poursuivre. L’observation permet de dégager :
- Le contexte : Paul a écrit cette lettre à l’église de Colosses pour contrer de fausses doctrines.
- Le thème principal : « Jésus-Christ est capable de sauver parfaitement ». La vie en Christ est une vie de plénitude (Colossiens 2.10, 3.11).
- Les mots répétés : Le nom « Christ » apparaît environ 38 fois, et « Jésus », « Seigneur » ou « Fils » une douzaine de fois. Cette répétition confirme que Christ est bien le sujet central.
- L’humeur de Paul : L’apôtre fait preuve de préoccupation et d’amour pour ces chrétiens (il prie pour eux, souffre pour eux), et non d’irritation ou de pitié.
4. Utilisation des règles d’interprétation sur Colossiens
Appliquer les règles pour étudier des passages spécifiques.
L’analyse stylistique et littéraire de Colossiens révèle plusieurs techniques :
- Figures de rhétorique :
- Paul utilise des métaphores pour illustrer la transformation du croyant : la circoncision, l’ensevelissement et la mort (Colossiens 2.11-12, 20) sont des symboles de la séparation d’avec l’ancienne vie de péché.
- L’Église est comparée à un corps dont Christ est la tête (Colossiens 1.18, 2.19).
- La vie nouvelle est comparée à un vêtement que l’on revêt (Colossiens 3.9-14).
- Organisation des idées :
- Répétition : L’idée de la résurrection est répétée (2.12-13, 20 ; 3.1).
- Raisons et résultats : Parce que nous avons une vie nouvelle, nous sommes tous un en Christ (3.10-11).
- Contraste : La mort au péché (2.20, 3.5) s’oppose à la vie nouvelle en Christ (3.1, 9-10).
- Comparaison avec d’autres livres : L’étude est enrichie par la comparaison avec des passages parallèles, comme Éphésiens 2.1-10, qui traite du même thème du passage de la mort à la vie par la grâce.
5. Application à la vie
Indiquer comment vivre une vie de plénitude avec Christ.
La connaissance ne suffit pas ; il faut y répondre par la prière et l’obéissance. La leçon propose des questions d’application personnelle tirées directement de Colossiens :
- Pour entrer dans la présence de Dieu, il ne faut pas se laisser ébranler dans l’espérance acquise (Colossiens 1.23).
- Pour prêcher Christ, il faut utiliser la force qu’il donne, non la sienne propre (Colossiens 1.29).
- Il faut éviter de se laisser tromper par la sagesse humaine (Colossiens 2.8).
- Il faut être équitable envers les autres, sachant qu’on a soi-même un maître dans le ciel (Colossiens 4.1).
IV/ Étude thématique
L’étude thématique est l’étude par thème ou par sujet.
1. Les avantages de l’étude thématique
Donner deux avantages de cette méthode.
L »étude thématique répond à un besoin concret : lorsque nous nous posons des questions sur notre vie chrétienne (comment vivre par la foi, être baptisé du Saint-Esprit, connaître la volonté de Dieu, etc.), nous pouvons trouver la réponse en rassemblant tout ce que la Bible dit sur ce sujet.
Les deux avantages majeurs sont :
- Trouver des réponses aux questions personnelles : Que le besoin soit l’assurance du salut, la victoire sur la crainte, ou la direction divine, l’étude thématique permet de découvrir le plan de Dieu sur un sujet précis.
- Établir un équilibre doctrinal : En rassemblant tous les passages sur un même thème, on évite de se focaliser sur un seul aspect et on obtient une vision complète et équilibrée de la vérité. Cela permet d’être « attaché à la parole authentique » (Tite 1.9) et de pouvoir enseigner sainement.
2. L’approche de l’étude thématique
Noter les trois étapes de cette méthode.
L’étude thématique peut être plus ou moins longue selon l’ampleur du sujet (le thème du Saint-Esprit ou du salut nécessite des années de recherche). La méthode se décompose en trois étapes :
- Étape 1 : Noter toutes les références : À l’aide d’une concordance ou en cherchant systématiquement, on rassemble tous les versets bibliques qui parlent du thème choisi. Il faut noter chaque référence et une partie du verset pour se souvenir du contenu.
- Étape 2 : Diviser les références en catégories : On organise les versets rassemblés par sujets secondaires ou par aspects du thème principal. Chaque catégorie reçoit un titre (exemple : « Quand prier ? », « Pour qui prier ? », « Obstacles à la prière »).
- Étape 3 : Résumer les points principaux : On lit attentivement chaque passage dans son contexte pour bien comprendre sa signification. On rédige ensuite, avec ses propres mots, un bref résumé des enseignements pour chaque catégorie. On peut ajuster la classification si nécessaire.
3. Exemple : Le thème de la prière
Choisir des références bibliques sur la prière et les classer.
La prière est un thème majeur, apparaissant plus de 500 fois dans la Bible. La leçon fournit une liste conséquente de références (de la Genèse à l’Apocalypse) et les organise en catégories pour illustrer la méthode. Voici la classification proposée :
| Catégorie | Exemples de passages clés |
| Pour qui prier ? | Matthieu 5.44 (ennemis), Actes 6.6 (responsables), Éphésiens 6.18 (tous), 1 Timothée 2.1-2 (dirigeants) |
| Quand prier ? | Marc 1.35 (tôt le matin), Luc 18.1 (toujours), Romains 12.12 (persévérance), 1 Thessaloniciens 3.10 (nuit et jour) |
| Obstacles à la prière | Proverbes 15.8 (sacrifice des méchants), Ésaïe 59.2 (péchés), Jacques 1.6-8 (doute), Jacques 4.3 (mauvais motifs) |
| Où prier ? | Matthieu 14.23 (montagne), Actes 10.9 (toit), 1 Timothée 2.8 (en tout lieu) |
| Réponses à la prière | Genèse 20.17-18 (guérison), Daniel 9.21-23 (révélation), Actes 4.29-31 (assurance) |
| Sujets de prière | Néhémie 1.5-11 (pour le peuple), Jean 17 (pour les disciples), Jacques 1.5 (sagesse) |
| Comment prier ? | Matthieu 6.7-14 (avec simplicité), Jean 15.7 (en demeurant en Christ), Philippiens 4.6 (avec actions de grâces), 1 Jean 5.14-15 (selon Sa volonté) |
| Louange et actions de grâces | 2 Samuel 7.18-29 (reconnaissance), Actes 16.25 (chanter en prison) |
| Position en priant | Psaume 95.6 (s’agenouiller), 1 Timothée 2.8 (lever les mains), Matthieu 26.39 (se prosterner) |
| Effets de la prière | Éphésiens 3.20 (puissance), Jacques 5.16-18 (efficacité), Apocalypse 5.8 (encens précieux) |
4. Résumé des points essentiels sur la prière (Objectif 4)
Synthétiser l’enseignement biblique à partir des passages étudiés.
À partir de la classification, l’étudiant est invité à tirer des conclusions pratiques. Voici les vérités clés qui se dégagent de l’étude thématique sur la prière :
- Pour qui ? Il faut prier pour les dirigeants, pour tous les croyants, et même pour ses ennemis.
- Quand ? Il faut prier continuellement, nuit et jour, quels que soient nos sentiments.
- Obstacles : Le péché caché, la désobéissance, les motifs égoïstes et le doute empêchent les prières d’être exaucées. Ce ne sont ni les péchés des parents, ni le hasard.
- Où ? Dieu entend partout : dans une chambre, sur une montagne, dans le ventre d’un poisson (Jonas). Aucun lieu n’est plus « efficace » qu’un autre.
- Réponses : Dieu répond toujours, mais pas toujours comme on s’y attend. La réponse peut être un « non » ou un « pas maintenant », mais Il répond à tous.
- Comment ? Il faut prier au nom de Jésus, avec un cœur pur, et en utilisant le « Notre Père » (Matthieu 6.9-13) comme modèle.
- Louange : La prière inclut l’adoration, comme Paul et Silas en prison (Actes 16.25).
- Position : La Bible ne donne pas de règle fixe (debout, à genoux, prosterné) ; c’est une affaire de choix personnel.
- Effets : La prière est puissante et précieuse devant Dieu, semblable à de l’encens (Apocalypse 5.8).
V/ Étude d’un personnage
Cette méthode d’étude biblique est : l’étude biographique, qui consiste à examiner la vie d’un personnage biblique pour en tirer des leçons spirituelles.
1. L’objectif de l’étude d’un personnage
Reconnaître l’importance de l’étude biographique.
La Bible mentionne plus de 2 900 personnages. Certains ne sont que cités, d’autres sont décrits en détail, et leurs histoires ont été conservées pour notre instruction.
- Un outil pédagogique universel :
- Les enfants s’identifient facilement aux héros bibliques (Moïse dans les roseaux, David contre Goliath, Ruth la glaneuse) et apprennent ainsi des leçons importantes sur Dieu.
- Les adultes aussi peuvent s’identifier à ces personnages, car ils étaient des êtres humains de même nature que nous (Jacques 5.17). Élie, bien que grand prophète, était un homme comme les autres. Ses prières efficaces peuvent donc être un modèle pour les nôtres.
- Des exemples pour nous avertir et nous instruire :
- Même les plus grands héros avaient des faiblesses. David, « l’homme selon le cœur de Dieu », a commis l’adultère et le meurtre. Son exemple ne justifie pas le péché, mais montre que Dieu pardonne au cœur repentant. Son échec devient un avertissement pour nous (1 Corinthiens 10.11).
- La Bible n’est pas d’abord un ensemble de règles abstraites, mais un recueil d’expériences vécues. Il est souvent plus facile d’apprendre à travers une histoire que par une liste de commandements. En voyant comment Dieu a agi dans la vie de personnes réelles, nous apprenons comment Il peut agir dans la nôtre.
2. Comment aborder l’étude d’un personnage particulier
Dire comment étudier la vie d’un personnage biblique.
- Rassembler toutes les références : Il faut trouver tous les passages bibliques où le personnage apparaît. Certaines études sont courtes (Esther dans un seul livre), d’autres longues (Moïse dans 30 livres). Il faut être attentif à ne pas confondre les personnages portant le même nom (six Marie, quatre Jean, trois Jacques).
- Lire et prendre des notes : Une fois les références rassemblées, on les lit attentivement en notant tous les détails possibles :
- Identité : Signification du nom, ancêtres, famille, lieu de naissance.
- Influences : Amis, associés, éducation religieuse (exemple : Timothée influencé par sa grand-mère Loïs et sa mère Eunice).
- Géographie : Lieux de vie et de voyage (exemple : la vie de Moïse se divise en trois périodes de 40 ans : Égypte, Madian, désert).
- Caractère : Forces et faiblesses, traits de personnalité, comment ils ont évolué.
- Événements clés : Moments de crise, de joie, d’échec, de victoire. Comment la personne a réagi ?
- Relation avec Dieu : Comment Dieu est intervenu dans sa vie ? Comment la personne a-t-elle répondu ?
- Résumer les leçons : Après avoir observé tous ces détails, on dégage les principales leçons spirituelles que l’on peut tirer de cette vie. On peut utiliser un tableau récapitulatif pour organiser les informations.
3. Exemple : L’histoire de Jacob
Noter les leçons que l’on peut tirer de la vie de Jacob.
Jacob est un personnage particulièrement instructif car il est loin d’être parfait. C’est un homme rempli de défauts, ce qui permet à chacun de s’y reconnaître. Son histoire montre comment la grâce de Dieu peut transformer un trompeur en un prince de Dieu (Romains 9.10-16).
Résumé de sa vie à partir de l’étude :
- Identité et débuts : Fils d’Isaac et Rébecca, petit-fils d’Abraham. Il naît en tenant le talon de son frère jumeau Ésaü, et son nom signifie « trompeur » (Genèse 25.26). Il est le favori de sa mère, calme et sédentaire, contrairement à son frère chasseur.
- Caractère initial : Il est trompeur. Il profite de la faim d’Ésaü pour lui voler son droit d’aînesse (Genèse 25.31-34), puis il ment à son père pour dérober la bénédiction réservée à l’aîné (Genèse 27).
- Conséquences de ses actes : La loi du talion s’applique à lui. Il fuit la colère de son frère et se réfugie chez son oncle Laban, qui le trompe à son tour en lui donnant Léa au lieu de Rachel après sept ans de travail (Genèse 29). Il subit les conséquences de ses propres péchés tout au long de sa vie : sa fille Dina est violée, ses fils Siméon et Lévi commettent un massacre, son fils bien-aimé Joseph est vendu par ses frères, et il croit ce dernier mort pendant de longues années.
- Le tournant : Péniel : Vingt ans après sa fuite, alors qu’il retourne au pays et craint la rencontre avec Ésaü, il vit un moment décisif. Il lutte toute une nuit avec Dieu (Genèse 32.24-30). À l’issue de ce combat, Dieu change son nom : il ne s’appellera plus Jacob (le trompeur), mais Israël, ce qui signifie « Prince avec Dieu » ou « Celui qui lutte avec Dieu et vainc ». Il est transformé.
- Fin de vie : Jacob reste soumis à Dieu, même dans les épreuves. Il bénit ses fils et les fils de Joseph avant de mourir en Égypte, plein de sagesse et de foi (Genèse 47-49).
Leçons tirées de la vie de Jacob (résumé des questions-réponses)
Les questions posées dans la leçon permettent de dégager des vérités universelles :
- Récoltons-nous ce que nous semons ? Oui. Jacob a trompé, et il a été trompé par Laban. Ses fils ont hérité de son caractère trompeur.
- La prospérité signifie-t-elle l’approbation de Dieu ? Non. Jacob a prospéré chez Laban malgré sa désobéissance. Dieu bénit parfois par grâce, même quand on ne le mérite pas.
- Dieu peut-Il apaiser nos ennemis ? Oui. Contre toute attente, Ésaü a pardonné à Jacob et ils se sont réconciliés (Genèse 33).
- Devons-nous payer les conséquences de nos actes ? Oui. Jacob et ses fils ont souffert longtemps à cause de ses mensonges et tromperies.
- Dieu peut-Il transformer notre nature ? Oui. Jacob, le trompeur, est devenu Israël, « Prince avec Dieu ». Cette transformation est l’œuvre de la grâce.
VI/ Étude destinée à l’édification personnelle
Cette méthode d’étude est la plus intime et la plus personnelle. Contrairement aux études précédentes (livre, thème, personnage) qui sont principalement objectives et analytiques, l’étude destinée à l’édification personnelle vise une rencontre subjective avec Dieu à travers sa Parole. L’objectif n’est pas seulement de savoir, mais d’être transformé.
1. La valeur de l’étude destinée à l’édification personnelle
Reconnaître la valeur unique de cette méthode.
Cette étude est « très personnelle » et elle a un but précis : nous attirer plus près de Dieu et nous mettre en contact avec des vérités spirituelles profondes. Le Saint-Esprit devient alors notre guide dans cette démarche.
- Une arme spirituelle :
- Cette étude est combattue par le diable, car il ne veut pas que l’homme s’approche de Dieu. Il cherche à décourager, à semer le doute et à créer des conflits spirituels.
- L’exemple de Jésus dans le désert (Matthieu 4.1-11) est donné comme modèle. Face à Satan, Jésus n’a pas utilisé sa puissance divine, mais il a cité les Écritures. La Parole est l’« épée de l’Esprit » (Éphésiens 6.17), l’arme la plus puissante pour résister aux attaques de l’ennemi.
- Le but : demeurer en Christ :
- Le but ultime du chrétien est d’être en Christ et que Christ demeure en lui (Jean 15.7-11). Cette union intime produit une joie complète et permet de porter du fruit.
- L’étude d’édification personnelle crée précisément cette unité entre Christ et le croyant.
- La méditation, clé de l’édification :
- Cette étude ne se fait pas dans la précipitation. On lit un court passage lentement, plusieurs fois, dans un esprit de prière.
- On réfléchit à sa signification en se posant des questions personnelles : « Que dit ce texte à mon cœur ? Répond-il à un besoin actuel ? Comment me révèle-t-il Jésus ? »
- C’est cela, la méditation : imprégner son esprit de la Parole jusqu’à ce qu’elle devienne une nourriture intérieure et que la présence du Seigneur se fasse sentir. Le roi David méditait constamment la Parole (Psaume 1.2, 49.4, 119.97).
2. Les lignes directrices de l’étude destinée à l’édification personnelle
Donner les cinq étapes essentielles de cette méthode.
Nous proposons une démarche en cinq étapes, à suivre avec la prière de David : « Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi ! » (Psaume 119.18).
- Lire : L’étude commence par une lecture régulière et fidèle. Comme les chrétiens de Bérée (Actes 17.10-11), il faut sonder chaque jour les Écritures. Le Psaume 1.2 insiste sur la méditation « jour et nuit ».
- Prendre des notes : Le stylo est un outil qui aide l’esprit à « voir » et à retenir les vérités que le Saint-Esprit révèle. Noter ses pensées permet de fixer ce qui a été reçu.
- Faire des recherches : Les vérités bibliques sont claires, mais elles ont une profondeur qu’il faut explorer. Il faut rechercher ces « trésors » cachés, comme l’argent et les trésors (Proverbes 2.4).
- Établir des rapports : Il faut relier le passage étudié à d’autres parties de l’Écriture, mais aussi à sa propre vie. On cherche le lien entre la vérité découverte et sa situation personnelle.
- Méditer : C’est l’étape la plus importante. Il ne s’agit pas de vider son esprit (comme dans certaines méditations orientales), mais de remplir son esprit de la Parole. On « prête une oreille attentive » à Dieu (Proverbes 2.2, 4.20-21). La méditation ouvre le cœur à Dieu, conduit à l’obéissance et affecte la manière de vivre.
3. L’application de l’étude destinée à l’édification personnelle
Décrire comment appliquer cette étude à sa propre vie.
La connaissance acquise doit être mise en pratique. Nous présentons deux manières d’appliquer la Parole : la personnaliser et la rendre pratique.
- Personnaliser la Parole (la faire sienne) :
- Obéir aux commandements.
- S’emparer des promesses de Dieu.
- Tirer profit des exemples (bons ou mauvais) donnés dans la Bible.
- Croire aux paroles de Dieu.
- Les appliquer concrètement à sa vie.
- Rendre le message pratique (le partager) :
- L’édification personnelle n’est pas un but en soi. Elle doit déboucher sur le service des autres. Comme le dit Colossiens 3.16, nous devons nous instruire et nous avertir réciproquement.
- Paul exhorte Timothée à confier ce qu’il a appris à des hommes fidèles, capables d’enseigner à d’autres (2 Timothée 2.2).
- C’est la mission confiée par Christ : aller dans le monde entier, prêcher, enseigner et faire des disciples (Marc 16.15, Matthieu 28.20, Jean 15.16). L’étude personnelle prépare donc à la transmission de l’Évangile.